Plongées dans l’atoll d’Ari : sept étapes du nord au sud des Maldives

Auteur : Pauline & Hubert

Publié le : 08/10/2026


Plongée dans l’atoll d’Ari : sept étapes du nord au sud des Maldives

Dans l’atoll d’Ari, nous venons pour les mantas, les requins et les récifs. Nous repartons aussi avec une demande en mariage et un anniversaire sur la plage ! Le parcours descend du nord vers le sud, avec sept plongées : Gangehi Manta Point, Fesdhoo Wreck, Fesdhoo Manta Night, Moofushi Rock, Rangali Madivaru, Kudarah Thila et Vilamendhoo. Sept mises à l’eau, mais certainement pas sept fois la même scène.

Cette partie de notre croisière de mars 2026, à bord du Théia avec Dune, prolonge les premières rencontres de Malé Nord et Rasdhoo. Ari alterne les stations de nettoyage, les récifs immergés, une épave et des passes avec beaucoup de courant impose son rythme.

Sommaire

Gangehi Manta Point : nettoyage et demande en mariage

Les mantas à la station de nettoyage

Après Rasdhoo, nous rejoignons le nord d’Ari. Le nom de notre premier site, Gangehi Manta Point, donne une bonne indication de ce que nous espérons voir. Les mantas sont bien présentes, au-dessus d’une station de nettoyage et les plongeurs aussi.

Les mantas ralentissent au-dessus des zones fréquentées par les poissons nettoyeurs. Ceux-ci inspectent leur peau et différentes parties du corps. Le secteur de Gangehi possède une reconnaissance scientifique au sein du réseau des zones importantes pour les requins et les raies.

Une carte d’identité sous le ventre

Chaque manta peut être reconnue grâce aux motifs de taches de sa face ventrale. Le Manta Trust utilise notamment les photographies du ventre pour identifier les individus, associées au lieu et à la date de l’observation. 3 Une image prise pendant une plongée peut donc servir à autre chose qu’à faire patienter les amis devant un film de vacances. À condition de ne pas gêner l’animal pour obtenir le cliché, elle peut contribuer à documenter sa présence et ses déplacements.

Nous regardons les mantas, mais j’ai aussi prévu autre chose. Notre guide de palanquée est dans la confidence. Je lui ai confié la boîte contenant la bague ; il la sort et fait signe à Hubert de s’approcher. Je fais ma demande en mariage sous l’eau. La réponse est un grand oui. Les mots sont rares à cette profondeur, mais le message passe très bien. Gangehi restera donc dans notre histoire pour deux raisons, dont une qui n’apparaît sur aucune fiche de site.

Fesdhoo Wreck : de l’épave au thila

Nous reprenons la navigation vers le centre d’Ari, puis rejoignons Fesdhoo Wreck. L’épave d’un ancien bateau de pêche en acier repose droite sur le sable. C’est un navire d’environ trente mètres, volontairement coulé dans les années 1980.

Éponges, coraux et gorgones ont colonisé sa structure, tandis que des poissons utilisent les abris qu’elle crée. Nous observons de gros mérous corail, ainsi que des poissons-soldats à bord blanc regroupés dans la capitainerie.

Dans le sable, les anguilles jardinières se cachent dans leurs trous dès que nous approchons. Nous rencontrons également une squille de Lisa. Son corps et ses appendices ne correspondent pas à ceux de la mante de mer paon que nous verrons ensuite à Rangali : cette squille chasse avec des appendices ravisseurs munis d’épines.

Nous quittons l’épave pour rejoindre le thila. Changement d’échelle : anthias, demoiselles, poissons-clowns et petites crevettes occupent le récif. Nous sommes à Nemo City !

Le bateau reste au mouillage pour la soirée. Pour une fois, nous n’allons pas naviguer loin avant la prochaine mise à l’eau : les animaux vont venir près du bateau.

Fesdhoo Manta Night : une nuit sous les projecteurs

À la nuit tombée, de puissants projecteurs sont allumés à l’arrière du Théia. La lumière concentre des organismes planctoniques, puis les mantas arrivent pour se nourrir. Quelques requins nourrices apparaissent également. Nous remettons les combinaisons et descendons pour une plongée nocturne.

Nous nous installons à genoux, alignés sur le fond, les lampes devant nous. De petits vers et des poissons passent dans les zones éclairées. Puis une manta traverse la lumière, bientôt suivie d’une autre. Elles ouvrent la bouche et reviennent au-dessus des faisceaux. Certains passages ont lieu à quelques centimètres de nous ; nous sentons le mouvement d’eau produit par leurs nageoires.

Moofushi Rock : notre plongée préférée

Le lendemain matin, nous rejoignons Moofushi Rock. Nous commençons par descendre dans le bleu jusqu’à environ trente-cinq mètres, avant de remonter progressivement le long du récif.

Les premiers animaux rencontrés sont des requins gris de récif, puis des requins corail. Autour d’eux, gaterins, idoles maures et poissons-papillons rendent le récif très animé. Les mantas arrivent à leur tour près de la station de nettoyage.

Une silhouette inattendue apparaît : un requin-zèbre ! Les adultes de cette espèce portent des points, tandis que le nom renvoie aux rayures des jeunes. La rencontre ajoute une nouvelle espèce à celles déjà observées. Moofushi restera ma plongée préférée du séjour !

Rangali Madivaru : regarder le récif de plus près

Nous poursuivons vers le sud jusqu’à Rangali Madivaru, autre site associé aux mantas. Le plateau peu profond rejoint des flancs et des surplombs autour d’une trentaine de mètres. Nous arrivons avec les grands animaux en tête, puis une bonne partie de notre attention descend vers les petits habitants du récif.

Un poisson-scorpion feuille est posé dans le décor. Son corps aplati et ses mouvements évoquent une feuille qui se balance. Il se remarque d’abord comme une forme inhabituelle, puis comme un poisson. Un peu plus loin, une mante de mer paon sort de son terrier.

Nous observons aussi toute une série de poissons-perroquets : bleu, dorade, tricolore, braisé, à six bandes et marguerite… Leurs couleurs sont dingues !

Kudarah Thila : bancs de poissons et courant

La troisième plongée de la journée nous conduit à Kudarah Thila. Ce récif immergé d’Ari Sud est protégé depuis 1995. Le relief est complexe, avec arches, surplombs, coraux mous, gorgones et anémones.

Il faut d’abord gérer un courant puissant avant de pouvoir regarder ce décor. Nous voyons d’immenses bancs de vivaneaux à raies bleues. Leurs masses compactes se déplacent dans l’eau, traversées de temps à autre par des carangues en chasse. Les requins gris arrivent ensuite. Lorsque vient le moment de partir, nous décrochons et laissons le déplacement nous entraîner le long des arches et des tombants. Dans les anfractuosités, des marignans à œillères se cachent. Les nasons gris circulent autour de nous.

Dhangethi : une soirée sur une île habitée

Après cette plongée sportive, nous mettons pied à terre sur l’île de Dhangethi. Un arbre du village abrite un grand rassemblement de roussettes. Je parie qu’elles sont plus nombreuses que les humains sur cette île.

La soirée continue par une baignade au coucher du soleil et un barbecue sur la plage. Nous fêtons aussi l’anniversaire d’Hubert, avec un gâteau. Puis, nous rentrons au bateau en passant par le rivage pour voir les raies attirer par les terrasses des restaurants où elles ont le droit aux assiettes non terminées…

Vilamendhoo : dernière plongée dans Ari

Pour notre dernière plongée dans l’atoll d’Ari, nous rejoignons Vilamendhoo. Le site nous avait été présenté comme un thila riche en coraux, pour une immersion plutôt tranquille. Le courant en a décidé autrement. Dès la mise à l’eau, nous descendons rapidement vers le relief et sortons les crochets.

Devant nous, une vingtaine de requins gris passent et repassent dans la passe, puis une raie aigle traverse le bleu. Puis nous décrochons pour rejoindre une portion plus abritée du thila. Le passage demande encore de palmer, et le décor se métamorphose : coraux, anémones, poissons-clowns et un poisson-ange à tête bleue.

La plongée se termine avec le récif après avoir commencé avec les requins. C’est une bonne image de notre parcours dans Ari avec les grands animaux et la petite vie des coraux. Nous quittons cet atoll avec quelques regrets, mais la navigation suivante va nous conduire vers d’autres rencontres.

Cap vers Vaavu

Le Théia met le cap à l’est, vers Vaavu et le secteur de Felidhoo. Les requins gris et les nourrices vont prendre davantage de place dans le prochain article !

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