Kerala : de Kochi à Kadalundi, premiers pas entre mangroves, éléphants et mer d’Arabie
Sommaire
- Kochi : première étape au Kerala
- Prendre la route vers Kadalundi
- Kadalundi : mangroves, oiseaux migrateurs et plages de la côte du Malabar
- Pourquoi faire étape à Kadalundi ?
Kochi : première étape au Kerala
Le Kerala est souvent présenté comme l’un des États les plus agréables à parcourir en Inde. Réseau routier relativement développé, taux d’alphabétisation parmi les plus élevés du pays, forte identité culturelle et diversité des paysages en font une destination particulièrement intéressante pour un premier voyage dans le sud de l’Inde.
Notre itinéraire doit nous conduire pendant une dizaine de jours des côtes de la mer d’Arabie jusqu’aux forêts tropicales du Wayanad. Comme de nombreux voyageurs, nous commençons par Kochi, principale porte d’entrée internationale du Kerala.
L’aéroport de Kochi
L’arrivée se fait à l’aéroport international de Kochi, situé à une trentaine de kilomètres du centre-ville. L’infrastructure est devenue célèbre en 2015 en devenant le premier aéroport au monde à fonctionner entièrement grâce à l’énergie solaire. Les panneaux photovoltaïques installés à proximité des pistes produisent aujourd’hui davantage d’électricité que l’aéroport n’en consomme, le surplus étant réinjecté dans le réseau local.
Que faire à Kochi ?
Kochi occupe une position stratégique sur la côte de Malabar depuis plus d’un millénaire. Les marchands arabes y commerçaient déjà les épices bien avant l’arrivée des Européens. Portugais, Hollandais puis Britanniques ont ensuite laissé leur empreinte sur la ville, créant un mélange culturel assez unique en Inde.
La plupart des visiteurs concentrent leur découverte autour de Fort Kochi.
Parmi les principaux sites à visiter :
- les célèbres filets de pêche chinois, emblèmes de la ville ;
- l’église Saint-François, associée à l’histoire de Vasco de Gama ;
- le palais hollandais de Mattancherry ;
- le quartier juif et la synagogue Paradesi ;
- les ruelles coloniales bordées de maisons anciennes et de cafés.
Les amateurs d’histoire apprécieront particulièrement cette partie de la ville, où plusieurs siècles de commerce maritime ont laissé de nombreuses traces.
Pour les naturalistes, les lagunes, estuaires et mangroves qui entourent Kochi accueillent également une avifaune intéressante, notamment durant les migrations.
Où dormir à Kochi ?
Nous avons choisi de passer notre première nuit au Kochi Marriott Hotel.
L’établissement constitue une option confortable pour récupérer après un long vol international. Situé dans un quartier moderne de la ville, il permet également de rejoindre rapidement l’aéroport ou les principaux axes routiers du Kerala.
Les voyageurs souhaitant davantage s’imprégner de l’ambiance historique de Kochi trouveront cependant de nombreuses maisons d’hôtes et hôtels de charme dans le quartier de Fort Kochi, souvent installés dans d’anciennes demeures coloniales rénovées.
Prendre la route vers Kadalundi
Notre objectif est de rejoindre Kadalundi, sur la côte située au nord de Kochi. Sur une carte, le trajet paraît relativement simple.
La conduite se fait à gauche, mais ce n’est pas l’élément le plus déroutant. Ce qui surprend davantage, c’est l’intensité permanente du trafic. Bus, camions, scooters, tuk-tuk, voitures, vélos et piétons partagent la même chaussée. Le klaxon ne traduit ni agacement ni impatience ; il sert à signaler sa présence aux autres usagers.
Le Kerala compte parmi les États les plus densément peuplés de l’Inde, avec plus de 850 habitants par kilomètre carré. Cette densité se retrouve immédiatement le long des routes.
Les habitations, commerces, ateliers et petits marchés se succèdent sans interruption Les zones urbanisées s’étirent sur des dizaines de kilomètres et les piétons restent omniprésents tout au long du trajet. On y découvre une succession ininterrompue de commerces spécialisés, de temples colorés, d’écoles, de stations-service, de marchés improvisés et de scènes du quotidien.
Quelques heures plus tard, la circulation nous réserve une première surprise : une procession religieuse bloque temporairement la route. Plusieurs éléphants décorés avancent sur le bas-côté de la route.
Les festivals de temples et les éléphants du Kerala
Le hasard nous a permis de croiser une procession religieuse sur la route de Kadalundi. Plusieurs éléphants richement décorés avançaient au milieu d’une foule dense accompagnée de musiciens. Cette scène s’inscrit dans une longue tradition culturelle du Kerala. Les grands festivals de temples, appelés Pooram, rassemblent régulièrement des milliers de participants.
Les éléphants portent souvent de grands caparaçons dorés appelés nettipattam. Ils sont accompagnés d’ombrelles colorées et de percussions traditionnelles. Ces cérémonies constituent l’un des symboles culturels les plus connus du Kerala. Même en dehors des grands festivals comme le Thrissur Pooram, il n’est pas rare de croiser des processions locales organisées à l’échelle d’un village ou d’un temple.
Kadalundi : mangroves, oiseaux migrateurs et plages de la côte du Malabar
Après plusieurs heures de route depuis Kochi, nous atteignons Kadalundi, une petite localité côtière située au sud de Kozhikode. Peu connue des voyageurs internationaux, elle constitue pourtant une étape intéressante pour qui s’intéresse aux oiseaux, aux écosystèmes côtiers ou simplement à la vie quotidienne sur la côte du Kerala. L’essentiel des visiteurs viennent pour son sanctuaire ornithologique, mais les environs offrent également plusieurs activités qui méritent que l’on y passe au moins une nuit.
Le Kadalundi Bird Sanctuary
Le Kadalundi Bird Sanctuary protège une mosaïque d’habitats située à l’embouchure de la rivière Kadalundi. Le paysage est constitué de mangroves, d’îlots sableux, de vasières découvertes à marée basse et de chenaux soumis aux marées. Cette diversité de milieux explique la richesse biologique du site. Les mangroves jouent notamment un rôle essentiel de nurserie pour de nombreuses espèces de poissons et de crustacés tout en offrant des zones d’alimentation aux oiseaux d’eau.
Quels oiseaux observer à Kadalundi ?
Plus de cent espèces d’oiseaux ont été recensées dans le sanctuaire. La période comprise entre novembre et avril correspond généralement au pic de fréquentation des oiseaux migrateurs venus d’Asie centrale et de Sibérie. Lors de notre passage, nous avons notamment observé :
- des mouettes du Tibet ;
- des ibis à tête noire ;
- des chevaliers aboyeurs ;
- des aigrettes garzettes ;
- des aigrettes des récifs.
Les vasières découvertes à marée basse concentrent une grande partie de l’activité. Limicoles et échassiers y recherchent vers, mollusques et petits crustacés piégés dans les sédiments.
Visiter le sanctuaire en bateau
Plusieurs embarcations locales proposent des sorties dans l’estuaire. Ces excursions permettent de rejoindre les îlots et d’approcher les oiseaux sans parcourir de longues distances à pied sous la chaleur. Le rythme est lent, ce qui laisse le temps d’observer les mangroves et la vie locale qui s’organise autour de la rivière.
Observer les pêcheurs traditionnels
La pêche reste une activité importante dans cette partie de la côte du Malabar. À marée basse, de nombreux pêcheurs travaillent depuis les berges ou utilisent de petites embarcations dans les chenaux de l’estuaire.
En fin de journée, les prises sont triées directement sur le sable tandis que les habitants viennent acheter le poisson frais. Cette activité permanente contribue largement à l’ambiance du site.
Kadalundi Beach
Contrairement à certaines plages très touristiques du Kerala, Kadalundi Beach reste essentiellement fréquentée par les habitants de la région. En fin d’après-midi, les familles arrivent progressivement. Les pêcheurs préparent leur matériel pour la soirée.
La plage est orientée vers l’ouest, ce qui en fait un excellent endroit pour observer le coucher du soleil. Pour les photographes, les dernières heures avant la tombée de la nuit offrent les meilleures conditions.
Chaliyar River : une autre ambiance
À quelques kilomètres seulement de Kadalundi, la rivière Chaliyar rejoint elle aussi la mer d’Arabie. Les berges accueillent plusieurs villages de pêcheurs et offrent de belles opportunités d’observation de la vie locale. Les estuaires du Kerala jouent un rôle économique majeur depuis des siècles, assurant à la fois le transport, la pêche et les échanges commerciaux.
Où dormir à Kadalundi ?
Nous avons choisi de séjourner à La Rêve Beach Villa. L’établissement bénéficie d’un emplacement particulièrement intéressant pour les voyageurs naturalistes. La plage se trouve à quelques mètres seulement et le sanctuaire ornithologique est facilement accessible dès l’aube.
Depuis la terrasse, il est possible d’observer les pêcheurs rentrer en fin de journée tandis que le soleil disparaît progressivement derrière la mer d’Arabie. Pour ceux qui souhaitent consacrer une journée complète au sanctuaire ornithologique avant de rejoindre les montagnes du Wayanad, c’est une base pratique et agréable.
Pourquoi faire étape à Kadalundi ?
Kadalundi ne possède ni les monuments historiques de Kochi ni les grandes réserves naturelles du Wayanad. Son intérêt réside ailleurs. Dans un rayon de quelques kilomètres se côtoient :
- mangroves ;
- estuaires ;
- oiseaux migrateurs ;
- villages de pêcheurs ;
- plages fréquentées par les habitants ;
- cérémonies religieuses traditionnelles.
Cette combinaison en fait une étape particulièrement intéressante pour découvrir une facette plus discrète du Kerala avant de prendre la route vers les Ghâts occidentaux et les forêts tropicales du Wayanad.
